Dans la catégorie :
Publié le 28 Août 2016

Le bailleur personne morale doit à son locataire l’obligation de relogement

Lorsqu’elle délivre un congé-reprise, la bailleresse, personne morale, doit offrir de reloger le locataire âgé et démuni sans pouvoir se prévaloir au profit de l’un de ses associés de la dispense réservée par la loi au bailleur personne physique.

En décidant que la SCI bailleresse constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus doit offrir un logement de substitution au locataire âgé et démuni auquel elle a délivré un congé-reprise, alors même que l’associé bénéficiaire de la reprise est âgé, la haute juridiction fait une application stricte des articles 13 a et 15-III de la loi du 6 juillet 1989.

En effet, alors que le premier de ces textes assimile bailleur personne physique et bailleur SCI familiale lorsque le congé est délivré par la société au profit de l’un des associés, le second circonscrit expressément l’exception à l’obligation d’offrir de reloger un locataire âgé et démuni à l’hypothèse du bailleur personne physique lui-même âgé ou peu fortuné (dans le même sens, jugeant que la condition d’âge ou de ressources permettant au bailleur d’être exonéré de l’obligation d’offrir un relogement au locataire évincé s’apprécie en la personne du bailleur personne physique et non en celle du bénéficiaire de la reprise, Cour d’appel de Paris, 12 janv. 2016, n°14/23305).

Ainsi, faute d’avoir offert un local de remplacement à son locataire âgé de plus de 70 ans et dont les ressources étaient inférieures à une fois et demie le montant annuel du SMIC, le congé délivré par la SCI est irrégulier et doit être annulé (comp. désormais, l’art. 15-III dans sa rédaction issue de la loi ALUR du 24 mars 2014, protégeant les locataires de plus de 65 ans et dont les ressources sont inférieures au plafond de ressources pour l’attribution d’un logement locatif conventionné).

Cour de cassation, civile, Chambre civile 3, 7 juillet 2016 n°14-29148

Les derniers articles

Vente

Vente : Point de départ du délai de rétractation de l’acquéreur non professionnel

Le délai de rétractation de 10 jours accordé à l’acquéreur non professionnel court donc à compter du lendemain de la première présentation de la lettre ...
Lire la suite →
Vente

Vente : Annulation pour dol : les vendeurs conservent leur droit à indemnité d’occupation malgré leur mauvaise foi

La restitution due au vendeur à la suite de l’annulation d’une vente n’est pas subordonnée à sa bonne foi. Même en cas de dol ayant ...
Lire la suite →
Bail commercial

Bail commercial : Travaux structurels, manquement du bailleur et indemnisation du preneur

Pour refuser au preneur à bail commercial le droit à indemnisation, il convient d’exclure tout lien de causalité entre le manquement du bailleur à son ...
Lire la suite →